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POURQUOI TANT DE HAINE !!

A 01 - L'Algérie à coeur

Rédigé par saïda b Publié dans #Société - Education - Morale

Simple, seule, délicateJe m'adresse à mes compatriotes d'origine depuis longtemps avec une sensibilité algérienne et un esprit critique qui ne leur est pas étranger, parce que universel. Les algériens ont une conscience d'universalité. Je sais que certains en seront parfois heurtés, mais mon intention est cordiale et, je crois, juste. Je sais aussi que la plupart y reconnaîtront un esprit national d'autodérision, une caractéristique qui nous permet de rire de tout. Surtout de nous-mêmes.

Mais l'écriture en français peut en modifier la tonalité et donner à l'autodérision un aspect pesant ; peut-être emprunté, moralisateur. C'est inévitable, mais je m'en défends définitivement. Si mes propos comportent toujours une morale, je ne fais pas la morale. Je m'exprime sur des dysfonctionnement, jamais sur des traits personnels. En tout cas pas en tant que personnes, seulement en tant que porteuses d'idées.

Qu'on ne cherche pas dans mon expression une couleur politique ou un engagement pour une cause ou une autre. Toutes les causes se valent malheureusement au regard de ceux qui les défendent. Je ne défends aucune cause autre que celle de ma foi personnelle dans une intelligence propre à l'humain. Une intelligence de dimension universelle.

Nous sommes tous des humains, aussi monstrueux puissent être nos actes. Je crois que les criminels les plus aguerris possèdent en eux une sensibilité humaine qui fait qu'ils nous ressemblent. Et s'ils nous ressemblent, ils peuvent récupérer la conscience de leur humanité, et réintégrer la société de tous les jours. Et réparer.

Je suis persuadée que le système juridique et carcéral, en Algérie comme ailleurs, en particulier en France, aggrave les conduites antisociales. Parce que son objectif est de sanctionner, pas de rééduquer à une vie banale. Or, la sanction est rarement appropriée, ce qui peut provoquer des sentiments d'injustice, la conviction de faire l'objet d'abus, chez les personnes jugées-condamnées. Evidemment, venant d'un voyou ou d'un criminel, une telle accusation peut paraître futile. On marche sur la tête ! Sauf que, comme nous tous, ces voyous et ces criminels ont leur façon de voir les choses, qui a fait d'eux ce qu'ils sont devenus.

Le rôle de la société devrait être de tenter de modifier leurs façons de voir déviantes, dont ils ne peuvent pas être tenus entièrement responsables parce que, comme pour nous, elles se façonnent sur ce qu'ils vivent dès leur plus jeune âge. Ce qui nous ramène tout naturellement à un sujet qui occupe toutes mes réflexions : le sens de l'enseignement, la formation des adultes référents, enseignants et éducateurs en particulier, ainsi que le rapport aux parents. Une difficulté qui n'est pas spécifique aux personnes qui deviennent parents, mais à la moralité de la société dans laquelle ils vivent.

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Entre diable et dindon

12/ 91 – 01/2017

Il paraît que le FIS1 est majoritaire au 1er tour des législatives. Que ne révèlerait-on pas de ce côté de la Méditerranée (France) pour discréditer toute tentative de souveraineté là-bas ! On ne peut cependant en vouloir à personne ; les médias sont des alarmistes chroniques. Cependant …

Le Premier ministre2 a exhorté les Algériens à jouer à pile ou face en votant « pour n'importe qui, mais votez". En d’autres termes : on sait bien que vous vous en moquez, que vous n’y croyez pas, que vous ne savez pas à quoi rime ce cirque mais faites-le. Il y va de notre renommée. Pour amadouer le FMI à mon avis. Mais ça, ce n’est pas dit explicitement. C'est une pratique de la démocratie tout à fait conforme au socialisme spécifique de notre beau pays en voie de développement, l’Algérie.

Voilà ; les algériens ont voté. Si voter consiste à faire un choix entre plusieurs propositions, les Algériens ont considéré qu'on ne leur proposait pas de produits appétissants. Ils ne se sentent pas suffisamment quadrupèdes bêlants pour faire mine de brouter allègrement de la farce démocratique. Ce que le Premier ministre proposait, c'était de faire comme si. Les Algériens ont fait mieux : ils sont fait, mais comme ça. Leur absence massive aux élections est la preuve qu’ils marchent à la verticale. Gare au deuxième tour3 !

Ce n'est pas encore une défaite mais une leçon de maturité morale. Les discours diabolisant le FIS ne feront pas sortir les Algériens de leur réserve. Et la kyrielle quasi instantanée de mouvements partisans qui s’auto qualifient avec présomption de partis politiques, ce qui fait jubiler d’autosatisfaction les médias occidentaux qui tiennent absolument à ce que la libéralisation qui s’amorce en Algérie soit menée à son terme à leur goût. Alors que cette pratique, qui ne réussit pas trop à convaincre les citoyens en France qui y sont pourtant rompus, ne correspond pas au tempérament des algériens, qui n’accorderont leur confiance à aucune organisation politique qui divise4.

Ces libéraux rutilants qui prétendent redresser l'économie, épanouir le social, dynamiser le culturel ... doivent d’abord se montrer capables de proposer une alternative authentiquement politique à la béatitude du FIS. Nos nouveaux démocrates ne montrent pas d’aptitude à faire la différence entre délire démagogique, passion du pouvoir et engagement pour une Algérie souveraine. Ils font comme leurs modèles d’ailleurs : ils parlent pour eux-mêmes. Ce qu’ils disent résonnent faux, parce qu'ils oublient qu’ils s’adressent à des Algériens, d'abord musulmans, d’une pratique paisible, tolérante, qui ne veulent ni du diable ni d’une basse-cour.

1 Front Islamique du Salut (parti qualifié d’intégriste)

3 Qu i a été annulé ; démocratie de seconde main oblige.

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Nationalité linguistique

4/92 – 5/2016

La polémique qui s'engage entre Algériens pour ou contre l'usage de l'une ou l'autre de nos langues d'usage est hors sujet. Rien ne peut justifier une remise en question de nos ressources culturelles, quelles que soient leurs origines.

Nous avons l’avantage d’une diversité linguistique qui ne peut pas être brandie comme un obstacle à la survie des uns ou des autres. L’abandon du français ne nous apportera aucun réconfort national. Même si l’arabe est d’un usage ancien, il n’en reste pas moins que c’est une langue importée au Maghreb, et on s’y est adapté. En fait, c’est elle qui s’est adaptée. Pourquoi pas le français, déjà acquis par une proportion importante d’Algériens ? L’anglais, déjà deuxième langue unique ? Pourquoi pas d’autres encore, du moment que nous en sommes capables, l’arabe comme langue nationale ne peut que s’en fortifier. Si les arabisants ou les fameux bilingues se montrent arrogants, ce n’est pas à la pratique de la langue qu’il faut s’en prendre, mais à l’esprit avec lequel le sujet est abordé.

Frustrés par une situation de crise qui prend à la gorge et étouffe les élans les plus généreux, les Algériens réagissent à leur propre impuissance par une déviation de leur sensibilité écorchée. Il faut qu’ils se reprennent. Personne ne peut plus faire mine d’ignorer que l'appropriation d'un outil culturel étranger (si toutefois le français nous est étranger) confère un dynamisme nouveau à la langue réceptrice, un enrichissement de son champ mental. Référons-nous à l'Islam qui nous convie à « aller à la quête du savoir même s'il se trouvait en Chine ». On ne peut être ni moins exclusif ni plus audacieux que cette religion en matière d’adoption de nouveautés. Les détracteurs du multilinguisme en Algérie ont-ils si peu confiance en eux-mêmes pour craindre pour la survie de leur langue nationale ? Et laquelle parmi les différentes variantes de l’arabe et du berbère dans ce beau pays ?

Peut-on encore parler de cultures étrangères alors que tous nos moyens de productions et de communication nous viennent d'ailleurs ; que nous les consommons jusqu'à l'indigestion et, comble d'incohérence, qu'ils nous servent à formuler notre rejet ? Nous confondons le fait culturel qui est un patrimoine collectif avec l'usage que chacun fait de l'objet culturel, qui relève du privé et sur quoi personne n’a rien à redire.

Il faut être d’une intolérance métabolique, pour ne pas dire pathologique, pour imaginer des critères linguistiques de citoyenneté[1]. Il est difficile d’imaginer plus sectaire. Aucune arithmétique partisane ne peut réduire le contenu du paramètre espace-temps ; les Algériens actuels sont de partout. Une nationalité linguistique avec pour langue unique une langue étrangère … Quelle idée saugrenue ! Ben oui, l’arabe classique nous est étranger[2]. لا

[1] Je pense ici à l’auteur du si beau roman traduit de l’arabe en français : Ez-zilzal (Tahar Ouattar ?), qui suggérait que soient exclus (/déchus ?) de la citoyenneté algérienne ceux qui n'auraient pas un certain niveau d'arabe. Comme s'ils étaient responsables de l'histoire de l'Algérie et de leur parcours scolaire !

[2] Il reste étranger à ceux dont la scolarité régulière date d’avant l’arabisation. Ça en fait un paquet.

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Être ou ne pas être

9/92 - 5/2016

La modernité est sûrement une fonctionnalité intéressante. A condition qu’elle se mesure au degré de bien-être d’une majorité majoritaire qui, grâce à elle, parviendrait à une perception des choses qui donne la priorité à une qualité de vie. Qui dit « qualité de vie » pense (sûrement) compétence des services publics, maturité du citoyen, liberté d'expression et de conscience, sécurité, santé ... On pourrait nommer cet état de grâce démocratie.

En Algérie, la modernité a été introduite au prix fort, au même titre que les machines industrielles et usines-clé-en-main dont beaucoup se sont décomposées tranquillement sous une épaisse couche de pure poussière du terroir. Les Algériens en sont comme frappés de dysphasie, pris dans une modernité qui leur est tombée sur la tête d’un coup de baguette politique magique ; un peu comme les derricks ont jailli des Hassi-Pétrole et compagnie. Comme ça, du jour au lendemain. Les autorités algériennes donnent l’impression de s’êetre ruées sur le pouvoir d’achat comme on se rue vers une issue de secours. Elles se sont précipitées ; nous sommes tombés[1].

Une société humaine n’attrape pas la modernité comme on attrape un objet que l’on vous lance du troisième étage ou comme un virus. L’acquisition de la technologique ne transforme pas les mentalités. Ce sont les mentalités qui peuvent transformer la technologie par l’adaptation de son mode d’application aux réalités locales. « Si le peuple un jour veut la vie, le destin n’a plus qu’à s’incliner » dit un poète arabe engagé. La modernité est une pratique qui exige une réorganisation des mécanismes mentaux. Les Algériens étaient essentiellement ruraux, artisans et communautaires, la politique de modernisation les a violentés par une application agressive du concept. Mettons-nous à jour.

Selon le processus d’intégration de chacun à ce mode de consommation, on sera ou pas : modernes, musulmans, indépendants, francs ... L’un portera le casque de la modernité du cadre-diplômes-en-poche ainsi présenté par l'adage populaire « Qui veut conserver sa place s'accroche à sa chaise », et se mettra en indisponibilité indéterminée. Car on ne peut pas s’accrocher au siège et en même temps être occupé à construire les routes, les hôpitaux, les écoles et les terrains de foot. L’autre celle du maçon-architecte dont le dicton serait juste le contraire.

[1] Nous continuons en 2016.

لا

Ruptures ? Super !

12/92 - 01/5/2016

Il me parvient le bruit d'une rupture z'au pluriel.

S'agit-il d'un ras-le-bol juvénile ? D'un suicide kamikaze ? D'une fuite légitime ?

D'une volonté de… faire ? D'une maturité à terme ?

Et que rompez-vous ? Un rang ? Pour choisir quel repère ?

Un silence ? Pour prodiguer quelle parole ?

La léthargie ? Pour proposer quelle dynamique ?

Une dictature ? Pour instaurer quelle liberté ?

Un envoûtement ? Pour engager quel enchantement ?

Une solitude ? Pour offrir quel partage ?

L'habitude ? Pour proclamer quelle aventure ?

Si rupture z'au pluriel il y a, alors nous vous avons à l'œil. Vous n'avez plus droit à l'erreur car nous savons tout des humains, en particulier qu'ils s'octroient trop facilement le droit aux entorses.

Comme vous avez été à bonne école (la nôtre aussi bien sûr), celle où nous apprenons à nous taire sans démissionner, nous attendons de votre parole qu'elle garantisse la transmission de notre vérité. Nous exigeons de vous une information crédible, sans fard ni queue fourchue. Nous voulons, parce que vous en êtes capables, une information digne de nous ; digne de vous.

Nous voulons, parce que vous en êtes capables, une information digne de nous ; digne de vous.

Si toutefois vos ruptures s'avèrent n'être que des fractures, alors prenez un congé de maladie ; ou portez vos blessures comme d'autres portent des visières. Vous irez loin sans rien voir qui puisse perturber vos convictions. Vous ne défraierez pas la chronique, tout le monde ploie sous le poids d'un destin ou d'un autre, tellement injuste qu'il nous ressemble.

Pour une rupture sans bavure, serrez les dents et CASSEZ NET. Ce sera votre revanche sur une fatalité absurde, pisque vous aurez tout fait tout seul(e/s)..

لا

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