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POURQUOI TANT DE HAINE !!

AF 01 - L'information : référence ou revanche ?

Rédigé par saïda b

2001 - 01/2017

Réaction à ce qui est dit de l'islam dans un article de L'EDJ N°284 pp. 22/24, qui traite du rapport des religions révélées aux femmes.

Si je m’en tiens à ce que je sais de l’islam théorique et pratique, je n’accorde aucun crédit à ce qui est écrit sur les autres religions. L’article est dénué d’ossature ; l’homme de la rue pouvait en dire autant, confondant le texte, la pratique, la culture, la tradition, les néologismes, les mélanges... Les exemples cités pourraient appartenir à n’importe quelle époque entre le 7ème et le 14ème siècle de l’Hégire, notre époque actuelle.

Voici quelques pièces des découpes grossières faites dans une réalité tout en nuances.

- Contrat de mariage : seul le tuteur peut refuser la polygamie : "A ce jour on ignore encore le nombre de ceux qui le font" Qui est "on" ; pourquoi on ignore encore ; quelle est la source d'information, et quel est l’intérêt de la réponse éventuelle, pour qui ?

- Divorce : "Pourquoi voit-on plus de femmes répudiées que de femmes divorcées dans les pays arabes ?" Où situe-t-on les pays arabes, quelle est la réponse ? A qui est posée la question ? Et incidemment, pourquoi les Arables feraient-ils comme les Européens ? Pourquoi pas l'inverse ...

- Etrangères : nous sommes informés de l’interdiction faite à la musulmane d’épouser un non-musulman, contrairement au musulman qui peut, lui, épouser des non-musulmanes. Il est précisé que le prophète s’en est donné cœur joie avec plein d’étrangères, dont une juive alleouia1, tout en éludant les arguments qui pourraient donner un sens à cette orgie ...

Élargissons le débat et comparons les pratiques musulmane et occidentale de la polygamie. L’une est prescrite et très strictement réglementée dans les textes ; l’autre est d’usage libre et répandue sans être ni admise ni même tolérée. Quelle femme occidentale accepte que son compagnon, qui n’est pas toujours son mari), partage son temps et son intérêt avec une autre ? Cela n'empêche pas une normalisation de ces partages occultes dans un consensus mou. Dans laquelle de ces deux formules de polygamie la femme, le couple, le foyer sont-ils plus en sécurité, la relation plus saine ?

Diffuse, incontrôlable, la polygamie dans les sociétés libres sévit comme un parasite non identifié. Tout se passe comme si le mal ne se connaissait pas de remède ; et il ne s’en connaît pas, ne faisant pas l’objet d’une réglementation Pourtant, personne n’ignore les drames que cette pratique souterraine induit. Sans compter que les citoyens libérés n'en sont pas particulièrement plus heureux. Ni même satisfaits.

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- Héritage : "... mais2 très mal vu qu'elle réclame sa part. Pour cela, elle peut être bannie.", affirmation illustrée par un exemple local, iranien si je me souviens bien.

L’auteur, à l’instar de l’homme de la rue, ne fait pas de distinction entre la religion et les pratiques particulières, spécifiques à des régions, des tribus ou des familles. Sans doute ignore-t-elle que les Arabes, ça n'est pas une fourmilière dans un bois au cœur des Vosges, mais des milliers de fourmilières de formes et d'habitus très différents sur la terre entière ...

- Impures (période menstruelle) : la journaliste ironise sur les dispositions coraniques qui protègent la femme contre la violation de son intimité : "… mais pour la pénétration en période de règles, c'est niet". Cette formulation nous révèle les modalités de sa propre vie sexuelle. Pour cette dame, il va de soi que l'acte sexuel ne souffre d'aucune restriction. Doit-on comprendre que les hommes dans sa société sont incapables de maîtriser leurs besoins primitifs pendant quelques jours par mois ? Que leurs pulsions sont irrépressibles et obligent la femme libre au sacrifie de sa liberté à refuser ? Question subsidiaire idiote : c'est quoi l'estime de soi et de l'autre dans cette façon de concevoir la relation intime ? C'est quoi l'hygiène et le respect de son corps ? Espérons ne pas être jugée nous même déviante en s'interrogeant sur la notion de pudeur dans ce contexte sensible. Les plaisirs équivoques devraient être consignés à la stricte pratique privée et ne pas être présentés comme une référence de normalité. Car il est faux de prétendre que c'est la règle dans les sociétés libérées que de faire fi de la pudeur.

Les recherches préalables à la rédaction de ce papier n’auront pas appris aux journalistes que la satisfaction sexuelle est entendue comme un argument de cohérence du couple en islam Les musulmanes n'en sont pas informées, mais elles peuvent demander et obtenir le divorce pour incompatibilité ou non satisfaction sexuelle. La journaliste l'aura-t-elle découvert ?

Dans cet article volumineux, il est difficile de faire la part entre ce qui relève de l’ignorance, du manque d'intérêt pour le sujet, de la désinvolture du détenteur du pouvoir d'information. Ou de la volonté de tromper ... Quant au nom du prophète Mahomet, dans la mesure où il s'agit d'un arabe, il me semble d'une intelligence élémentaire de lui rétablir son identité d'origine : Mohammed.

 

1 Le scoop qui vous informe que l'islam n'est pas une religion pour racistes !

2 Je n'ai pas conservé le début du texte, mais « mais » signifie qu'elle a droit à un héritage.

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Sujet, objet ou complément ?

4/91 - 01/2017

Un algérien retourné se confesse. Sur cinq colonnes pleines format A33 est déversée une rancœur dense du seul Maghrébin qui ait suscité l'intérêt du journal. Ce monsieur G. a grandi en Algérie dans une famille « très liée avec les Français ». Du temps de l'occupation, c'est tout à fait normal ! Puis il retourne chez lui, en Algérie en 1962, après la guerre, quand son pays « a besoin de lui ». L’espace entre l’enfance en Algérie et le retour en Algérie n'est pas mentionné. De retour en Algérie, il demande la nationalité française, et finit enfin par découvrir la culture qui lui convient, présentée ci-dessous.

Monsieur G déclare que les cultures de la Méditerranée sont berbère, hispanique et française. Et un coup de plumeau vengeur sur l'invasion arabe. Pourtant, l’invasion des Bani Hilal, incontestablement arabe, s'est produite quelques siècles avant l'arrivée des européens. D’à peine quatorze siècles mais, à ce titre, les diffuseurs de cultures autorisées pourraient lui concéder une petite virgule au titre des cultures universelles méditerranéennes ... Mais non, ce monsieur déclare que "Ce n'est pas la langue arabe qui va amener le changement...". Ce qui pose un problème de taille : que faire de l’arabe méditerranéen, étant donné qu'il est bel et bien là ? Qu'il se pratique par plus de locuteurs que le berbère, n'en déplaise aux berbéristes fondamentalistes4. On le berbérise, on l’hispanise, on le francise ? La volonté éradicatrice du sujet (de l’objet ?) de l’article ne s'arrête pas à la dénonciation. En même temps que la culture arabe, cet individu, s'il n'est pas une pure invention du journal, condamne avec fermeté les parents traditionalistes qui la propagent sans discernement.

Imaginons maintenant qu'en entendant un discours de ce genre, les « beurs » soient convaincus que leur seule chance d'être intégrés d'office soit de renier leurs origines ; leurs parents. De les expulser tout simplement. C'est une pratique relativement courante de nos jours en terre d’asile5.

Il est vrai que la tradition en Occident a libéré les enfants du poids moral de leurs obligations envers leurs vieux, qu'ils placent en maisons de retraites ou en institutions hospitalisées pour personnes dépendantes. Comme preuve d’assimilation à la société française telle que ce Monsieur la voit, les vieux immigrés, nécessairement traditionalistes, seraient expédiés au bled manu militari, et le tour serait joué. Les beurs acquis à la cause se sentiraient un peu moins beurs et "la vitrine de la France au Maghreb" ferait de ces enfants cruels des missionnaires reconnaissants pour la diffusion du principe du respect des libertés fondamentales. Reste à savoir si cette option est ouverte aux beurs de toutes les couleurs ... Car, comme tout le monde ne le sait pas en France6, l’Algérie est une mosaïque d’ethnies ; tous ne sont pas typés comme ils sont répertoriés.

Finalement, qui du journaliste ou du personnage sensé témoigner joue le rôle du shérif déchu qui entraîne un indien ivrogne à tirer à bout portant sur des silhouettes en carton représentant des sauvages à plumes ?

3 "Vivre à Val de Reuil" N49 avril 91, journal communal socialiste

4Je SUIS berbère !

5 Réflexion rédigée en 1991 !

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