Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
POURQUOI TANT DE HAINE !!

8 MARS, JOURNEE DE LA FEMME - ATTENTION : LEURRE !

4 Mars 2017 , Rédigé par saïdab Publié dans #Société - Education - Morale

 

NOTE : l'introduction à ce blog est l'article "J'écris donc je suis" publié le 23/12/15.

 

PAS EN MON NOM

3/97 - 3/2017

La journée de la femme ... Pas une journée pour les femmes, non ! La journée de LA femme. Laquelle ? Une idée d'homme ; d'une troupe d'hommes au pas. Seul des êtres au masculin en mouvement perpétuel peuvent ignorer qu'une pleine année ne suffit pas à contenir 364 mars ¼ au féminin. Je soupçonne donc le 8 mars grégorien de n'être qu'une feinte adroite destinée à brouiller les circuits coutumiers de la dynamique sociale. Dans cet objectif ambivalent peut-être innocent, l'Homme Moderne aura conçu le 8 mars pour faire jubiler jusqu'à l'étourdissement sa contrepartie yin. Son vis-à-vis obscure et froid, dans l'espoir de réduire sa capacité à lui retourner les couleuvres attachantes qu'il a pris l'habitude de lui glisser dans le dos. Et rebelote !

 

Ce piège médiatico-politico-économico-idéologique est, évidemment, un leurre. Car L'Homme et La Femme éthiquement humanistes s'y rendent masqués, chacun dissimulant son identité véritable à l'autre pour des raisons aussi distinctes que des parallèles ne se rencontrent jamais.

 

Durant une année à la suite d'un 8 mars, la femme se sent tenue de rendre discrètement hommage au génie de sa moitié qui conçoit et produit ses parfums aux senteurs suggestives, ses crèmes pure graisse de phoque galvanisée, ses mensurations de synthèses aux sels minéralisés, ses charmants tabacs néo-féminins, ses accessoires intimes d'une ergonomie chirurgicale, et tant d'autres merveilles. L'adoration qu'elle croit lui devoir en échange de ces bonnes intentions lui donne le mal de mer. Mais comment le lui dire sans le blesser dans sa créativité hautement qualifiée, sa quête discontinue d'un amour infini librement échangeable, son tempérament à cliquetis cliquetas ? Surtout ne pas le froisser ! Il faudrait encore le consoler dans son désarroi, le ménager dans son désespoir, le dorloter dans son orgueil … Non ! Autant consacrer un cinquième de sa vie courante et de son budget fixe à la tyrannie d'un fitness mental globalisant.

 

A l'heure des festivités des 8 mars annuels, La Femme Qui Se Dresse Contre Les Discriminations est sur les jantes ; dégonflée. Tout juste conserve-t-elle suffisamment d'atavisme communautaire pour brailler en synchronie. Que peut-elle braire heu... faire d'autre ? Monsieur fournit un tel effort d'altruisme à son égard qu'il ne reste à Madame qu'une option : lui démonstrer sa gratitude en fanfare et en confettis. Que le vent emporte ... Mais ça leur fait croire à tous les deux, chacun par devers soi, que l'autre est ainsi convaincu de la garantie de sa supériorité sur l'échelle de l'égalité minimum des moitiés, promulguée « parité » depuis peu. Et le rendez-vous est manqué. Ils ont beau tout faire ensemble, chacun est là pour une cause contraire.

 

Un 8 mars international factice à organiser tous les quatre cent soixante cinquième jours de chaque année, dont la seule utilité est, pour Madame comme pour Monsieur, de vidanger les résidus de leurs dépressions conjuguées ! Pour ancrer le rituel dans la mémoire collective, les concepteurs du concept l'ancre dans l'actualité du moment avec des clous recyclés à l'infini : exploitation, sexe, libertés, droits à disposer de son corps (l'esprit restant "propriété intellectuelle" du Maître). Et, béatitude des béatitudes : justice ! Comme si on pouvait rendre justice à un quidam qui ne sait pas que ce n'est pas lui que l’on célèbre, mais sa vanité perso que l'on regonfle. Mais bon, si mes congénères sont joueuses au point d'accepter de se tromper plus librement que vous n'êtes en mesure de l’imaginer Messieurs, grand bien leur fasse. Et vous fasse à vous aussi si votre yang s'épanouit à jouer les dupes, et à jurer d'y croire. Moi, je me dissocie de la coalition. Je prends mes distances et, de mon point de vue résolument épineux, mon rictus de défiance peut se transformer en une moue désinvolte.

 

Oui, cette fête n'est pas la mienne mais la tienne, MECC (Monsieur En Causette de Circonstance). Tu fonds de contentement de me pousser dans la rue en solidarité de genre avec des femmes qui, sous d'autres cieux, subissent encore la tradition. Mais ce qui t'embête au fond, c'est qu'elles échappent à tes convoitises hégémoniques. Moi, j'aimerais que ces femmes d'ailleurs fassent comme moi en solidarité avec elles-mêmes contre le joug de ta civilisation dérisoire déjà déclinante, où tes manies statistiques me draguent unilatéralement me privant de mes repères initiaux.

 

Femme non globalisée, je reste femme et me sens médiatico-politiquement dépouillée de ma féminité brute, de ma fonction animale spécifique, de ma générosité d'espèce troquée. Je suis devenue un lieu commun que tu accommodes à ton avenant. Oui, Monsieur ma moitié, en enserrant mes membres et mon cerveau dans des accessoires à l'image de ta névrose productique, tu atrophies mes articulations motrices et mon autonomie d'origine ; dès le berceau. Je ne sens plus les bosses et les creux des chemins que tu as linéarisés, asphaltés, vernissés. Pour un déhanchement plus onctueux encore, tu as éventré la terre qui nous porte tous les deux pour en tirer son linceul nauséabond. Les hydrocarbures font mon teint, mon haleine, ma dentelle, ma démarche plastique, et mon agonie. Et celle de nos petits.

 

Le 8 mars annuel est la concrétisation hystérique de ton utopie asservissante ; pas ma fête. Par conséquent, à la femme d'ici et d'ailleurs qui ne sait plus marcher sur la plante de ses pieds, qui ignore l'usage potentiel de son giron, qui ne voit dans ses seins qu'un appât passif, je dis : ce jour parmi tous les autres, sois ingrate. Fais le contraire de ce que tu n'as pas envie de faire : laisse les dogmes suivre leur déroute et suis une piste qui te rend l'écho de toi tout entière ; pas de ton nombril en technicolor.

 

Aujourd'hui, demain, et après, porte ton cœur bien accroché à sa place, et va où il te porte sur des chemins non balisés. Qu'il donne et prenne ce que ta nature a conçu pour lui. Sans sélection préalable 364 jours 1/4.

لا

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article