Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
POURQUOI TANT DE HAINE !!

B 03 - L'ennemi intérieur

Rédigé par saïda b Publié dans #Société - Education, #Morale

Dans sa compréhension stéréotypée (pour prendre le ton des manipulateurs des genres), la maison est associée au domicile, à l’habitation, à la vie privée, à la famille. A chez soi. Vidé de sa fonction de cocon qui tient au chaud, extrait de ses murs, le concept maison a subi une transplantation sauvage vers un domaine contre lequel il protégeait : l’extérieur. Un domaine public où personne ne peut être chez soi, mais où on est accueilli par des agents en fonction qui, eux, sont chez eux par rapport à soi, qui vous invitent à faire comme chez vous. Tout en étant tenu à une stricte observation des règles d’usage de ces lieux publics : maison de la forêt, de la culture, des adolescents, de la justice et du droit, des syndicats, de l’emploi, des arts et de la culture …

La délocalisation du concept maison aura défait des liens fondamentaux[1], favorisé une individualisation des consciences et, par effet mécanique, produit une égocentralisation des comportements. Une forme d’illettrisme moral qui rétrécit le contenu des mots et des actes à une perception accidentelle, ponctuelle, dans un rapport aléatoire entre l’avant et l’après, le dedans et le dehors, le mien du tien, les droits et les libertés. Non, pas les obligations, les contraintes, les priorités. Ça, c’est un vocabulaire honni ; escamoté. Camouflé. Ce qui résulte dans un état d’esprit délié, ébréché, déraciné, sans ramification ; qui ne s’attache à rien. Qui pousse comme une mauvaise herbe sans nécessiter d’entretien et malgré tous les poisons destinés à la détruire. La dénaturation de l’apprentissage, qui est une intériorisation des savoirs et techniques, suivrait-elle la courbe de la dénaturation du rapport entre chez soi et ailleurs ? Ou l’inverse ?

Tentons donc de nous regarder en face et entendons-nous sur des fondamentaux : 1/ Un besoin fondamental chez l'être vivant est le sentiment de sécurité. 2/ L'humain a une capacité d'adaptation à la fois innée et acquise propre à son espèce. 3/ Pour rendre un humain apte à vivre en société, il faut réussir l'étape initiale : l'implantation dans son esprit d’une conscience claire de lui-même parmi les autres. 4/ Toute violence faite à son rythme, à ses prédispositions originales, condamne son adaptation à un échec. Or, dès ses premiers contacts avec la vie en société, au cœur de ce que l’on nomme de façon factice la maternelle, le jeune enfant est soumis à des contraintes qui contrarient ses besoins naturels et ses prédispositions premières : rythme sommeil-veille, hygiène maladive, médication systématique, sonorités et éclairages agressifs ... Juste à la suite de la maternelle, les conditions de scolarité le contraignent à rétrécir son champ d’exploration des possibles au bénéfice de comportements convenus : faire comme tout le monde est la règle absolue. Or personne n’est comme tout le monde. Alors tout le monde fait semblant de faire comme tout le monde. Les effets de cette mise en forme qualifiée de éducaton sont édifiants. Outre que de moins en moins de jeunes savent lire et écrire à la sortie du primaire, et même une fois adultes !, une proportion considérable de jeunes ne savent pas ce qu’ils veulent ni ce qu’ils pourraient vouloir. Ils ne développent pas la capacité à avoir envie de faire quelque chose en particulier, si ce n'est de se divertir et de ruer, et de ruser contre les adultes ! Ce qui leur vaut évidemment sanctions sur sanctions.

 

Formation d’orthophonistes

Les quotas sont d’admission à la formation sont fixés par arrêté ministériel, et moins de 10 % des candidats sont admis à l'issue du concours d’entrée. Pour l'année scolaire 2013-2014, le nombre d'étudiants admissibles en première année d'études préparatoires au certificat de capacité d'orthophoniste était fixé à 808[4]. Les élèves de terminale sont autorisés à passer les épreuves de sélection alors que l'admission ne s'effectuera qu'après la réussite au baccalauréat[5]. Mais ils peuvent faire une année de classe préparatoire avec des établissements privés, ou une formation à distance, toujours avec des organismes privés … C’est seulement après que ce chemin de croix a été parcouru qu’un audiogramme est demandé pour obtenir le certificat de capacité d'orthophoniste !!

Cela fait beaucoup de temps et d’énergie dépensés pour une pelure d’oignon ; et d’argent gagné par qui ne le mérite pas. Pourquoi ne pas commencer par l’audiogramme pour tous. Ça ferait déjà beaucoup d’argent gagné par qui le mérite peut-être. Pourquoi faire passer le concours à des élèves de terminales ? Ça fait gagner une année à combien, et épuise et décourage combien d’autres ? Ce seront toujours les plus favorisés qui passeront les portiques tortueux de l’égalité des chances …

 

Service éducatif offshore

Je traversais le parc Sainte Marie à Nancy ce samedi 16 juin 2012, vers 16h. Au coeur d’une intersection de trois allées dans ce parc familial[1] où les âges et les manières se côtoient paisiblement, des jeunes garçons de 13-14 ans devisent paisiblement un pied sur leur trottinette, short net, coupe de cheveux au carré. Pas de la racaille à première vue. Le temps de les dépasser j'entends, dit d’un ton naturel : « Tu connais X ? Avec Y, il a 15 ans, ils sont allés voir les putes pour leur demander combien ça coûte. » A un propos que je n'ai pas entendu : « Il a fait ça, tout simplement. » Des bourgeons de truands ? Des proxénètes en herbe ? Des parents irresponsables ? Qui oserait jeter la première pierre ? Rien n'est plus démocratique dans nos sociétés policées qu’une éducation parallèle au rabais, à la faveur d'une rencontre attrapée sur Internet éventuellement, comme on attrape un virus[2].

Sur le plan de la langue française, je note dans cet échange innocent l'usage de l’article défini les putes. Comme on va voir une attraction : les animaux au cirque, les artistes au théâtre, les coureurs sur la piste. Sur le plan sociétal, les échanges de maris et de femmes en groupe, les relations sexuelles téléphoniques, l’appel à consommation à consonance sexuelle dans les pubs pour yaourts ou bas nylons font bien partie des pratiques établies ... Pourquoi pas des putes[3] pour nos enfants ... Sauf que cette forme de service pose un problème en termes d’apprentissage. Si l'initiative se conclut par un service effectif, les conséquences peuvent être dramatiques pour le jeune ; sur le plan sanitaire, psychique, et sociologique. Et il n’y a pas de raison de croire que cette situation soit exceptionnelle, ni qu’elle n’arrive qu’aux autres. Grâce à la libéralisation des mœurs, l’information à l’adresse de nos enfants prend des chemins qui nous échappent car, au même titre que les voitures, les films, ou les produits d'entretiens, les conduites à risques et la délinquance qui lui est associée sortent prêt-à-consommer des chaînes de production de modèles standards accessibles à tout public. Il suffit d'avoir des sous et/ou des occasions, ou juste de la curiosité.

On lutte depuis des décennies contre la pauvreté, les nuisibles (!), la violence, l’échec scolaire, les fraudes fiscales et la contrebande ; sans parvenir à rien d’autre qu’à un échec répété. C’est prévenir qu’il faut, et là on fait chou blanc. Pour une raison bête : la prévention passe par l'exemplarité, et les adultes référents ne sont pas des exemples de bonne conduite. Loin s’en faut.

 

Mon Issue de secours

J’ai envie de m’extraire d'une défiance qui nous affecte tous et oppose les résidents légitimes du territoire français les uns aux autres, et propose de mettre les mots qui conviennent sur les maux qu’ils désignent. La « racaille à nettoyer au Karcher » est un propos d’une sincérité éprouvante de la part d’une personne dirigeante qui voit les choses de cette façon-là. Ou dont l'objectif est de faire voir les cibles sous cet éclairage-là. Si ces provocation caractérisées destinées de toute évidence à provoquer des réactions de violence ne cessent pas, nous allons tout droit vers un vrai choc des cultures. Pas celles qu'on nous jette à la tête en brandissant le danger d'une religion ou d'un mode de vie itinérant. Celle de chacun contre tous les autres, puisque personne ne sait plus ce que quiconque met dans culture, ni dans contre culture d’ailleurs tant elles sont de même facture. Et que les différentes catégories de citoyens arborent par principe un français qui les distinguent de tous les autres, quelles que soient leurs origines. L’essentiel est de marquer sa différence ! Pour quelle raison étrange, pour ne pas dire étrangère à l'esprit des lois, les d'origine étrangère seraient-ils tenus à une moralité différente ? Si la règle est de se distinguer, par quel tour de passe-passe obscurantiste leur nier ce droit ?

Ce thème hyperbolique, confirmé par le débat sur la laïcité qui lui a emboîté le pas, crée de façon arbitraire et responsable un nouveau critère d'exclusion : la discrimination sélective. Comme « Il n’y a pas de Juifs anglais, français, allemand ou américains, mais seulement des Juifs vivant en Angleterre, en France, en Allemagne ou en Amérique[1] », il n’y a pas de musulmans français mais seulement des musulmans vivant en France. Un musulman est une personne comme n’importe dans une république … Sachant que la confusion entre musulman, arabe, maghrébin et berbère est totale, une telle distinction présente un risque de glissement vers une qualification ethnique de la citoyenneté. La République est mise à mort par ceux-là mêmes qui la brandissent comme le bréviaire de leur politique et moi, je serais contrainte à une obligation de retenue face à un usage fallacieux du bréviaire ! Mais j’y tiens, à la République. Alors je me permets de jouer une partition différente. Je m’exprime en tant qu'être pensant, ressentant, croyant (dans l'intelligence de mon espèce) ; point.

Notre Einstein de toute éternité l’aura dit : la folie, c’est faire la même chose encore et encore et attendre des résultats différents. Comment qualifier le fait de faire la même chose encore et encore tout en sachant que ça ne donnera pas de résultats différents ?

[1] Chaim Weizmann, homme politique israélien, cité dans « Quel Juif errant ? », Gilad Atzmon, éditions Contre Culture.

لا

Partager cette page

Repost 0